Investir en startup
Les risques d'investir dans une startup, sans les minimiser
Tu peux perdre tout ce que tu mets dans une startup, et ton argent peut rester bloqué des années. Je préfère te le dire dès le départ. Voilà les vrais chiffres, les risques dont on parle moins, et ce que je fais pour ne pas les subir.
Réserver mon appelEn bref
Investir dans une startup, c'est accepter quatre risques : perdre tout ce que tu y mets, laisser ton argent bloqué plusieurs années, voir ta part diminuer à chaque levée de fonds, et dépendre d'un intermédiaire qui peut lui aussi faire défaut. Le « 90 % des startups échouent » n'a pas de source. Le risque, lui, est bien réel, et il se gère avec un plan décidé avant de signer.
Le taux d'échec des startups : ce que disent vraiment les chiffres
On entend partout que « 90 % des startups échouent ». Je n'ai jamais trouvé d'étude sérieuse derrière ce chiffre. Il circule parce qu'il fait peur, ou parce qu'il fait vendre.
Le repère public le plus fiable vient de l'Insee, et il concerne toutes les entreprises, pas seulement les startups : 69 % des entreprises créées au premier semestre 2018, hors micro-entrepreneurs, étaient encore actives cinq ans plus tard. L'Insee précise aussi que les sociétés tiennent plus souvent que les entreprises individuelles.
Ce chiffre ne te dit pas qu'une startup a sept chances sur dix de réussir. Une entreprise « encore active » peut très bien ne jamais être revendue, ou l'être à un prix qui ne te rend pas ta mise. Une startup prend aussi plus de risques qu'un commerce de quartier, parce qu'elle cherche à grandir vite. Retiens surtout ceci : le risque ne se mesure pas avec un pourcentage lu sur Internet, il se mesure dossier par dossier.
Les quatre risques à accepter avant de signer
En juin 2025, l'AMF a appelé les investisseurs du financement participatif à la plus grande vigilance. Elle y rappelle qu'on peut perdre tout ou partie du capital investi, que les titres peuvent être difficiles à revendre, et que la plateforme elle-même peut cesser son activité. Je regroupe tout ça en quatre risques :
- La perte totale. Si la startup ferme, l'argent que tu y as mis peut être perdu en totalité. Personne ne te rembourse : tu n'as pas prêté, tu es devenu propriétaire.
- L'argent bloqué. Tu ne peux pas revendre tes parts quand tu veux. On parle souvent de 5 à 7 ans avant une revente, parfois plus, et parfois jamais.
- La dilution. À chaque nouvelle levée de fonds, de nouvelles actions sont créées et ta part du capital baisse.
- L'intermédiaire qui fait défaut. Une plateforme ou un véhicule d'investissement peut fermer ou mal suivre les dossiers. L'AMF le dit clairement : il faut savoir à l'avance qui suit les projets et qui récupère les sommes si ça arrive.
La dilution, le risque dont on parle le moins
Pour l'exemple, avec des chiffres inventés : tu détiens 1 % d'une startup. Elle lève de nouveau des fonds et crée des actions qui représentent 20 % du capital après l'opération. Tu as toujours le même nombre d'actions, mais tu ne détiens plus que 0,8 % de l'entreprise.
Ce n'est pas un drame si l'entreprise vaut beaucoup plus cher qu'à ton entrée. Ça le devient quand la levée se fait à un prix plus bas que le tien, ou quand les nouveaux investisseurs obtiennent le droit d'être payés avant toi le jour de la revente. À petit ticket, tu ne peux pas toujours l'empêcher. Mais tu peux lire le pacte d'actionnaires avant d'entrer, et savoir à quoi tu t'engages.
Ce que j'ai appris en perdant
Avant les startups, j'étais dans la crypto. Parti de rien, j'ai beaucoup gagné, puis j'ai tout reperdu : plus d'un million d'euros. Le vrai problème n'était pas le marché. Je m'identifiais à mon patrimoine. Quand tout était vert, j'allais bien. Quand ça baissait, je me sentais minable. Et ça décidait de tout.
Je courais après un chiffre. Aujourd'hui, je regarde autre chose avant chaque dossier : le temps que ça me prend vraiment, les gens que ça met sur ma route, et ce que ça construit dans dix ans.
Aujourd'hui, je construis un patrimoine que je ne peux pas regarder toutes les heures. Et c'est tant mieux.
Mes débuts en startup n'ont pas été plus brillants. J'ai suivi quelqu'un dans un club, sans plan à moi. Au bout de cinq mois, j'avais 3 startups et plus assez d'argent pour continuer. Le risque n'était pas seulement dans les startups. Il était dans ma façon d'investir.
Comment je limite les risques
On ne supprime pas le risque d'une startup. On décide combien on en prend, et où. Voilà ce que j'applique à mon propre portefeuille :
Seulement de l'argent qui peut attendre
Je ne mets dans une startup que de l'argent dont je n'aurai pas besoin pendant plusieurs années, et que j'accepte de perdre.
Jamais tout au même endroit
Je répartis sur plusieurs startups, avec une enveloppe décidée pour l'année. Pas au fil des pitchs qui me plaisent.
Pas le même montant partout
Mettre le même montant partout te coûte cher. Je mets plus là où je comprends mieux le dossier et où je vois qui pourrait racheter un jour.
Le pacte lu avant de signer
Je sais dans quels cas je peux vendre, ce qui se passe à la prochaine levée et qui est payé en premier à la revente.
L'intermédiaire vérifié
Avant de passer par une plateforme de financement participatif, je vérifie qu'elle figure sur la liste blanche de l'AMF.
Et je dis non souvent. Même à de bonnes startups, quand elles n'entrent pas dans mon plan. Une bonne startup n'est pas toujours un bon investissement pour toi. Pour aller plus loin sur le tri, lis comment choisir une startup, et pour la sortie, comment se passe une revente.
Si tu veux savoir où tu en es avant de prendre ce risque, fais le test investisseur : quelques minutes, et tu sais quel point travailler en premier.
Sources : Insee Première n° 2070 (septembre 2025) sur la survie des entreprises créées en 2018, communiqué de l'AMF du 18 juin 2025 « Financement participatif : l'AMF appelle les investisseurs à la plus grande vigilance sur les risques encourus », liste blanche des plateformes de financement participatif sur amf-france.org.
Contenu pédagogique : ce n'est ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d'acheter ou de vendre. Investir en startup comporte un risque de perte totale du capital investi et une forte illiquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Tes questions
Les questions qu'on me pose le plus
Quel est le taux d'échec des startups ?
Il n'existe pas de chiffre officiel propre aux startups. Le repère public le plus fiable concerne toutes les entreprises : selon l'Insee (Insee Première n° 2070, septembre 2025), 69 % des entreprises créées au premier semestre 2018, hors micro-entrepreneurs, étaient encore actives cinq ans plus tard. Le « 90 % des startups échouent » qu'on lit partout n'a pas de source sérieuse.
Est-ce que je peux récupérer mon argent si j'en ai besoin ?
En général, non. Il n'y a pas de marché où revendre tes parts du jour au lendemain, comme en bourse. Ton argent revient quand quelqu'un rachète tes parts, le plus souvent lors de la revente de la startup, et on parle souvent de 5 à 7 ans. C'est pour ça qu'on n'y met que de l'argent dont on n'aura pas besoin.
Une plateforme autorisée par l'AMF me protège-t-elle de la perte ?
Non. L'autorisation dit que la plateforme a le droit d'exercer et qu'elle est contrôlée. Elle ne protège pas ton capital : si la startup échoue, tu peux tout perdre. Vérifie quand même toujours qu'une plateforme figure sur la liste blanche de l'AMF avant de lui confier de l'argent.
Qu'est-ce que la dilution ?
Quand la startup lève à nouveau des fonds, elle crée de nouvelles actions. Tu gardes le même nombre d'actions, mais ta part du capital baisse. Ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle si l'entreprise vaut plus cher, mais c'est un mécanisme à comprendre avant d'entrer.
Dans combien de startups faut-il investir pour réduire le risque ?
Il n'y a pas de bon nombre valable pour tout le monde. Ça dépend de ton enveloppe, de ton horizon et du temps que tu peux consacrer au suivi. Ce qui compte, c'est de décider à l'avance combien tu mets par an, sur combien de startups, et quelle somme dans chacune.